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Gold Prices August 25, 2026 4 min read

Pourquoi les banques centrales achètent-elles de l’or ?

Les banques centrales détiennent de l’or dans leurs réserves depuis des siècles, et cette pratique n’a pas disparu à l’ère des monnaies fiduciaires et des paiements électroniques. Aux côtés des devises étrangères et des obligations d’État, l’or reste un pilier des portefeuilles de réserves officielles dans le monde entier. Comprendre pourquoi les autorités monétaires continuent d’acheter et de conserver de l’or permet d’expliquer une grande partie de la demande stable et durable qui soutient le marché de l’or aujourd’hui.

Un actif de réserve sans risque de contrepartie

La plupart des actifs de réserve, comme les obligations d’État ou les dépôts bancaires, représentent la promesse d’une autre institution de payer une somme à l’avenir. Cette promesse comporte un risque de contrepartie : l’émetteur peut faire défaut, geler l’actif ou en réduire la valeur par une mauvaise gestion. L’or est différent. Un lingot conservé dans un coffre n’est la dette de personne. Il ne peut pas faire défaut, ne peut pas être dévalué par la décision politique d’un autre gouvernement, et ne dépend d’aucune institution tenant un engagement contractuel. Pour des banques centrales chargées de préserver la richesse d’une nation sur plusieurs décennies, cette simplicité constitue un avantage considérable.

Diversifier au-delà d’une seule devise

La majorité des réserves mondiales reste libellée en dollars américains, en euros et dans une poignée d’autres grandes devises. Cette concentration expose les banques centrales à un risque de change : si le dollar s’affaiblit ou qu’une grande économie traverse une récession, les réserves libellées dans cette devise perdent en pouvoir d’achat. L’or évolue indépendamment de toute devise ou économie particulière, si bien que son ajout à un portefeuille de réserves permet de mieux répartir le risque. C’est l’une des raisons pour lesquelles la tendance souvent qualifiée de dédollarisation retient l’attention : plusieurs banques centrales, notamment dans les pays émergents, ont progressivement augmenté la part de l’or dans leurs réserves afin de réduire leur dépendance à un seul bloc monétaire.

Une protection contre l’inflation et les crises financières

L’or a longtemps démontré sa capacité à conserver sa valeur durant les périodes de forte inflation, de dévaluation monétaire et de tension sur les marchés financiers. Lorsque la confiance envers les monnaies papier ou le système bancaire s’érode, l’or tend à mieux préserver son pouvoir d’achat que la plupart des autres actifs. Pour une banque centrale, cela fait de l’or une forme d’assurance : une réserve sur laquelle on peut compter précisément lorsque les autres actifs subissent le plus de pression.

Une assurance géopolitique

L’or conservé sur le territoire national, hors de portée des tribunaux étrangers ou des sanctions internationales, ne peut pas être gelé ou saisi comme peut l’être un compte en devises étrangères. C’est ce qui rend l’or particulièrement attractif pour les banques centrales soucieuses du risque géopolitique ou de la possibilité de sanctions financières. C’est également la raison pour laquelle de nombreux pays ont entrepris de rapatrier de l’or auparavant stocké à l’étranger, préférant conserver une plus grande part de leurs réserves sur leur propre sol ou dans des lieux politiquement neutres.

Une tendance partagée par de nombreux pays

Ce phénomène ne se limite à aucune région en particulier. Les banques centrales du Golfe, notamment celles de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, comptent également parmi les acheteurs officiels réguliers, ce qui reflète la même logique de diversification des réserves observée ailleurs dans le monde.

Points clés à retenir :

  • L’or ne comporte aucun risque de contrepartie ou de défaut, contrairement aux obligations ou aux dépôts en devises.
  • Acheter de l’or aide les banques centrales à réduire leur dépendance à une seule devise.
  • L’or a historiquement préservé sa valeur pendant l’inflation et les crises financières.
  • L’or physique offre une protection contre les sanctions et les chocs géopolitiques.
  • Des banques centrales de toutes les régions, y compris dans le Golfe, partagent ces motivations.

Dans la pratique, ces motivations agissent rarement isolément. Les achats d’or d’une banque centrale reflètent généralement une combinaison de gestion du risque, de diversification monétaire et de planification stratégique à long terme. Pour les investisseurs et les observateurs du marché, la régularité de cette demande officielle constitue en elle-même un signal utile : elle traduit le jugement des institutions financières les plus prudentes au monde, selon lequel l’or conserve une place permanente dans un portefeuille de réserves bien géré.